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Recherche Maison Lily Butters: évaluation de l’implantation de la résidence spécialisée

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Processus clinique

Publié le

Mise a jour le 20 mars 2014

Auteur : CRDITEDME

L’évaluation de l’implantation du processus clinique a été effectuée à partir d’indicateurs
reliés aux critères d’accès aux services, à la présence des documents d’évaluation et
d’intervention, aux durées de séjour et au transfert vers une autre ressource et enfin, les références aux modèles théoriques

Documentation et observations

Les critères d’accès aux services

Le protocole d’évaluation de l’implantation du processus clinique est basé sur une série
d’indicateurs dérivés des approches cliniques décrites dans le document de programmation. Ces indicateurs se réfèrent surtout à des documents en appui à l’évaluation et à l’intervention qui devraient être consignés au dossier informatisé de l’usager (SIPAD). Le travail de recherche consiste ici à vérifier si ces documents y ont été effectivement déposés, au moment voulu.

Cependant, plusieurs des documents n’étant pas datés, il a été impossible de vérifier s’ils ont été complétés ou versés au dossier dans les délais prescrits dans la programmation de la MLB. Les résultats de l’implantation du processus clinique se limitent donc à statuer sur la présence ou l’absence des documents attendus. Il faut aussi noter que les résultats de la recherche collectés via les dossiers papiers, informatisés partagés et archives (avant les accès au SIPAD en septembre 2010), reflètent les données relativement équivalentes à ce qui est présenté dans le présent rapport.

Quinze usagers ont été admis au sein de la résidence depuis son ouverture. Les résultats de l’implantation du processus clinique concernent dix usagers, c’est-à-dire ceux qui ont complété un formulaire de consentement à la recherche.

Un premier élément à évaluer dans l’implantation du processus clinique est le respect des
critères d’accès aux services pour les usagers. On a donc vérifié la présence dans le dossier
SIPAD des différents indicateurs permettant de valider les critères d’accès que sont :

  1. un diagnostic de DI ou un diagnostic de TED;
  2. des troubles du comportement;
  3. l’échelle d’évaluation de la gravité des comportements problématiques versions révisée (EGCP-II) en pièce jointe ou citée dans les notes d’évolution;
  4. lorsque l’EGCP-II est présent, présence ou non d’un TGC.

Les résultats révèlent que les 10 usagers ont été diagnostiqués et qu’ils
présentent un TED (trois usagers), une DI (deux usagers) ou les deux à la fois (cinq usagers). Des comportements problématiques sont rapportés pour la moitié d’entre eux (cinq usagers). Le SIPAD fait référence à l’EGCP-II pour six usagers, avec confirmation de la présence de TGC chez cinq d’entre eux. Toutefois, ces outils ont été complétés après l’admission des usagers. À partir de l’information disponible au dossier, le respect du critère d’admission en lien avec la présence ou non d’un TGC ne peut donc pas être confirmé pour 5 des 10 usagers et ceci après quelques mois de leur admission. Ceci, ne veut toutefois pas dire que les usagers ne présentaient pas de TGC, mais simplement que l’information n’était pas consignée au dossier.

Les motifs de référence ne sont pas documentés au SIPAD bien qu’on en fasse parfois
mention dans les notes d’évolution. On observe d’ailleurs une grande variation concernant la quantité et le type d’informations consignées dans les notes d’évolution.

Les outils d’évaluation et d’intervention

Le programme de la MLB identifie les documents reliés à l’évaluation et à l’intervention
qui devraient être inclus dans le dossier SIPAD de chacun des usagers en vue d’étudier une
demande d’accès aux services de la MLB. Ces documents sont identifiés au tableau 3, de même que leur présence au dossier SIPAD. La cueillette de données a aussi permis de déterminer si ces informations étaient disponibles au moment de l’admission ou si elles ont été produites en cours de séjour. Ces résultats doivent cependant être considérés avec prudence, compte tenu du changement de système d’information-clientèle (du SIC-DI au SIPAD) en cours pendant la période d’implantation de la MLB.

À l’admission, tous les dossiers comportent le diagnostic DI ou TED, les milieux de vie
passés et actuel, le réseau social, soit les coordonnées des personnes à contacter en cas de besoin. Aucune autre information ou évaluation n’est consignée de façon systématique dans les dossiers SIPAD, quoiqu’on retrouve parfois certaines informations partielles dans les notes d’évolution.

On a par exemple retrouvé des informations en lien avec les mesures de contrôle pour quatre usagers dans l’onglet note d’évolution du SIPAD. Enfin, on constate que les documents ne sont pas nécessairement datés, qu’ils peuvent porter des titres différents et que les informations peuvent être déposées à divers endroits dans le dossier de l’usager.

En cours de séjour, on a documenté puis versé aux dossiers SIPAD les informations
suivantes: l’évaluation des TGC par l’EGCP-II (6/10); l’évaluation de l’état de santé physique (5/10); le rapport d’évaluation des professionnels (5/10); un plan d’intervention (4/10); la médication actuelle et passée (1/10).

La durée de séjour et la transition vers un milieu d’accueil

Le document de programmation propose une période maximale de séjour de 18 mois.
Parmi les 10 usagers participant à la recherche, 3 y résident depuis plus de 18 mois. Il est à noter que plusieurs mois peuvent s’écouler entre la date de demande de sortie d’un usager par l’équipe de la MLB et la date de sortie effective de l’usager vers son nouveau milieu d’accueil. Nous ne sommes pas en mesure d’élaborer sur les motifs de sortie des usagers, et dans quelle mesure les objectifs du séjour ont été atteints.

Concernant le transfert de l’expertise de la MLB vers le milieu d’accueil, une démarche a
été complétée pour les cinq usagers ayant intégré un nouveau milieu de vie. Lors d’une rencontre entre un membre de la MLB et un intervenant du milieu d’accueil, le dossier de l’usager a été présenté. Selon le milieu d’accueil et le niveau de complexité des besoins de l’usager, un intervenant de la MLB a pu ou non rencontrer un intervenant du milieu d’accueil pour un suivi plus poussé.

Les références aux modèles théoriques

Selon la programmation de la MLB, certains modèles théoriques devaient guider
l’intervention : l’approche communautaire, l’approche positive, le processus de production du handicap, le SE-DAC ainsi que l’approche multimodale. L’implantation des modèles théoriques n’a pu être validée, la raison principale étant que les actions à mettre en place dans l’intervention en lien avec ces approches n’ont pas été définies dans la programmation de la MLB. Cette absence de référents pour identifier des indicateurs d’implantation limite la comparaison entre ce qui était prévu et ce qui a effectivement été réalisé, sauf dans le cas de l’approche multimodale. Sa description dans le document de programmation aurait pu offrir des repères pour l’évaluation de son implantation. Cependant, compte tenu du peu de données consignées au SIPAD, il a été impossible d’évaluer jusqu’à quel point ce modèle avait effectivement guidé l’intervention.

L’analyse des autres dossiers concernant les usagers (dossier papier, dossier informatisé partage,archives) avant octobre 2010 montre également peu de données disponibles pour évaluer l’implantation de cette approche chez les participants du projet de recherche.

Les entrevues

Le thème du processus clinique a été abordé avec 13 répondants dont huit intervenants
directs et cinq professionnels ou gestionnaires de premier niveau.

Les critères d’accès aux services

Lors des entrevues, l’accent quant aux critères d’accès aux services a été mis sur la
manifestation et la sévérité des TGC. Parmi les six personnes avec qui on a abordé la question, trois considèrent que ces critères ont été respectés, tandis que les autres mentionnent que certains usagers de la MLB ne manifestent aucun trouble du comportement ou encore des troubles insuffisamment intenses pour être qualifiés de « graves ». Sans directement faire référence aux critères d’accès aux services, les intervenants, professionnels et gestionnaires ont décrit les caractéristiques qui distinguent la clientèle de la MLB de celle des autres résidences du CRDITED.

Pour six des 13 informateurs, les usagers se caractérisent par l’intensité et la fréquence de leurs comportements agressifs. Quatre informateurs mentionnent aussi leur état de rupture de fonctionnement ainsi que leurs besoins de stabilisation et d’encadrement. Toutefois, quatre répondants ne perçoivent pas les usagers de la MLB comme différents des autres usagers du CRDITED.

Les outils d’évaluation et d’intervention

La question des outils d’évaluation et d’intervention a été abordée différemment en fonction du rôle de la personne interviewée soit un intervenant direct, un professionnel ou un gestionnaire. Les premiers ont rapporté la liste des outils utilisés dans le cadre de leur travail à la MLB. Les outils d’évaluation les plus souvent mentionnés sont les grilles d’observation (huit), l’analyse multimodale (sept) et l’EGCP-II (sept). Parmi les outils d’intervention, on parle le plus fréquemment des mesures de contrôle (huit) et des grilles de désescalade (sept). (Voir le tableau 4 pour les détails).

Parmi les professionnels et les gestionnaires, trois des cinq informateurs étaient d’avis que
les interventions et le matériel mis en place sont utilisés par les intervenants, alors que les deux autres pensaient le contraire. Un informateur a rappelé que l’emplacement des bureaux des professionnels au 2e étage de l’immeuble favorise l’utilisation et l’application des outils d’évaluation et d’intervention.

La durée de séjour et la transition vers un milieu d’accueil

La durée du séjour à la MLB ainsi que la transition vers un autre milieu sont des sujets
pour lesquels les informateurs ne partagent pas les mêmes opinions. Alors que trois informateurs considèrent qu’une durée de séjour de 6 à 18 mois est acceptable, trois autres mentionnent que celle-ci est plus longue que prévu dû à un mandat trop ambitieux. Ces informateurs doutent qu’il soit possible de stabiliser un usager dans ce délai et dans ces conditions, en retirant l’usager de son milieu de vie habituel tout en observant et en intervenant à court terme. Une autre raison pour laquelle la durée de séjour est prolongée est la difficulté de trouver un milieu d’accueil. Malgré les embûches rapportées par l’ensemble des informateurs dans le processus de transition vers un autre milieu, tous sont d’avis que le transfert de l’expertise se déroule comme prévu. On mentionne entre autres que les intervenants sont disponibles pour répondre aux questions des responsables du nouveau milieu de vie ainsi que pour transmettre l’information concernant les interventions à privilégier avec l’usager.

Les références aux modèles théoriques

On a abordé la question des modèles théoriques en rapport avec le Service québécois
d’expertise en troubles graves du comportement (SQETGC) impliqué auprès de l’équipe depuis l’ouverture de la MLB. En réponse à la question sur le rôle du SQETGC à la MLB, quatre des sept intervenants directs (éducateurs et assistants en réadaptation) et un professionnel ne connaissaient pas le SQETGC. La majorité (8/13) des informateurs à qui on a posé la question et qui connaissait le SQETGC ont mentionné que son rôle tenait principalement au coaching et au suivi de l’analyse multimodale. Trois personnes rapportent aussi un rôle en lien avec la formation donnée à la MLB.

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